LES ENSEMBLES DE TERRE avec l’artiste Mathilde Nicol et les enfants de l’IME Institut l’Alizarine d’Avignon.
Dans le cadre des « Vacances culturelles » — dispositif DRAC Paca
LES ENSEMBLES DE TERRE avec l’artiste Mathilde Nicol et les enfants de l’IME Institut l’Alizarine d’Avignon.
Dans le cadre des « Vacances culturelles » — dispositif DRAC Paca
» Plusieurs strates de carreaux en terre cuite émaillée visibles au Palais des papes et découverts au fur et à mesure de fouilles archéologiques, révèlent tour à tour «des figures géométriques, des blasons fantastiques, des fleures et animaux». Ces successions d’ornements sont autant de façon, pour les personnes qui ont vécu en ces temps, de représenter le monde. Générations après générations, ces visions du monde se recouvrent les unes les autres, par des campagnes de restauration donnant à voir des goûts et subjectivités différent·es. Nous avons tous en nous cette volonté de se représenter le monde, de s’y rendre sensible par l’usage de nos sens. Des peintures pariétales, aux architectures gothiques les plus finement ornementées, en passant par les gestes modestes d’artisans fabricants de carreaux, nous souhaitons vivre dans des espaces vivants, à notre image.
Pour les ateliers avec les enfants et adolescents de l’IME Institut l’Alizarine d’Avignon, je propose de revisiter cet élément architectural du carreau de céramique, en se tournant vers des gestes non pas peints mais d’empreintes, de toucher, d’intuition, et d’observation de notre environnement.
Au cours de cinq matinées la première semaine, nous explorerons l’argile dans différents états, la travaillant avec plusieurs intentions, entre intuition et techniques simples. Ces expérimentations prendront la forme d’un ensemble de carreaux et céramique réalisés par les enfants et adolescents.
La deuxième semaine, j’accompagnerai un groupe d’enfants ayant une motricité et compréhension moins développée, nous explorerons ainsi la terre comme élément de construction sensible, avec des gestes simples permettant de traverser cette matière dans tous ses états (de sec à liquide).
Dans ma recherche personnelle, je partirai du principe que les strates de carreaux recouverts, dans des lieux anciens, sont à l’image du recouvrement que le temps opère sur l’histoire. Via des recherches sur les fouilles archéologiques au Palais des papes et par la fabrication de carreaux de céramique, je tenterai de poser la question suivante : serait il possible de prendre ensemble les strates de carreaux de terre cuite, comme point de départ à une histoire actuelle ? Autrement dit, comment exprimer ma vision du monde sans recouvrir celle des générations passées ? En expérimentant une variété de façons de faire des carreaux en terre cuite, je développerai un ensemble, inspiré de techniques anciennes mais donnant à voir un imaginaire contemporain.
Ce faisant je reprendrai une question centrale dans la restauration du patrimoine : que veut-on révéler des époques qui nous précèdent ? Mes recherches prendront la forme d’une fresque en carreaux de terre cuite qui cohabitera avec les réalisations des enfants et adolescents. L’oeuvre sera installée de manière pérenne sur un mur de l’IME. »
Mathilde Nicol
